S’il est un moment de la semaine particulièrement attendu par la majorité de la population, c’est sans doute le week-end, cet instant suspendu dans les airs, cet instant où l’on peut s’évader du cadre quotidien, partir découvrir de nouveaux horizons. Ce samedi, ces nouveaux horizons portaient le nom “Londres”.
L’on s’immerge lentement dans la capitale anglaise en y venant par bus. D’abord les tous nouveaux quartiers et leurs étranges tentatives architecturales. Puis les premières enseignes de banques : HSBC, Crédit Suisse, etc. Et soudain, l’on commence à reconnaître un bâtiment, puis un autre. Le bus tourne dans cette ville nous conduisant au pied de la tour communément appelée Big Ben, à proximité du Tower Bridge et de toutes les autres curiosités que compte la ville de Londres.
Enfin, après avoir eu un aperçu d’une relève de garde montée, il s’arrête, laissant chacun de ses passagers face à ses envies, les uns partent pour un triathlon des monuments à visiter, les autres pour un marathon du shopping, d’autres encore préfèrent s’installer à la Galerie Nationale ou au British Museum.

J’aurais voulu pouvoir vous emmener à l’intérieur de ce dernier, vous montrer la Pierre de Rosette, clef de compréhension de toute une civilisation, les momies, les statues des grands pharaons, les frises du Parthénon, les mosaïques romaines, les horloges mécaniques, les monnaies médiévales, que sais-je ? Ce musée recèle tant de richesses. J’aurais aimé vous faire asseoir dans la salle dite “des Lumières” qui montre, dans un cadre splendide, comment les Occidentaux du XVIIIe siècle percevait le monde et surtout vous y faire entendre la prestation musicale des “Renaissance Singers of London” qui ont su user de l’acoustique de la pièce pour rendre à l’homophonie et à la plurichoralité leurs lettres de noblesses. J’aurais voulu vous montrer les multiples visages de la ville, mais aucune description, aucune photographie ne saurait véritablement rendre justice à cette métropole aux allures de ville de campagne. On a beau voir à la télévision ou ailleurs des images du Downing Street ministériel, de Buckingham Palace, de la Tour de Londres, sans y être l’on ne peut qu’en avoir une image incomplète et biaisée. Londres est l’une de ces localités qui restent toujours dans la liste “à visiter”…
London
25 juillet 2010
Punting
23 juillet 2010

“Punting is not as easy as it looks. As in rowing, you soon learn how to get along and handle the craft, but it takes long practice before you can do this with dignity and without getting the water all up your sleeve.”
“Punting”. Quiconque a, ne fusse qu’un jour ou qu’en rêve, séjourné à Cambridge a ce mot accroché à ses lèvres, avec un goût de nostalgie, au côté des grands noms des “colleges” de l’université. Lorsque l’on observe ces frêles embarcations glisser sur l’eau paisible de la Cam, comme si une brise légère les poussaient, il semble que le “punter” a quelque chose de la grâce d’un cygne, manoeuvrant sa perche avec doigté et élégance, un éclat de fierté dans le regard. Mais bien vite, lorsque l’on prend sa place on s’aperçoit qu’Eole n’adjuve guère les débutants et paraît plutôt se jouer de ces petits vilains canards qui, au lieu de rester au centre de la rivière, zigzaguent d’une rive vers l’autre, s’entremêlent dans les branches des nombres saules pleureurs ou manquent de rencontrer avec leur tête la froide pierre des ponts qui enjambent gracieusement la rivière.
Voilà près d’un siècle que les berges de la Cam voient défiler les amateurs de “punting” et ce moyen de locomotion est sans doute la meilleur façon de découvrir les bâtiments des célèbres “colleges” qui bordent la rivière : King’s College, Trinity College, St John’s College. Des conservatoires de savoir et de richesses au point que l’on dit souvent que le deuxième plus grand propriétaire terrien d’Angleterre est Trinity College…
Assis au fond de cette légère embarcation ou debout en équilibre sur la plateforme d’où l’on guide le bateau, l’on ressent toujours une profonde unité avec la nature, un sentiment de plénitude indescriptible, un désir profond de s’arrêter là et d’appliquer la fameuse sentence épicurienne de “Carpe Diem”. Mais voilà qu’approchent les heures plus chaudes de la journée et que le rêve s’éclipse devant le flot de touristes qui, sous un soleil aussi radieux, s’empressent vers les mêmes lieux, espérant trouver eux aussi un peu de paix et de calme.
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23 juillet 2010
Tes textes sont toujours aussi poétiques ! Cela donne envie même si… tu peux imaginer la suite me concernant !!! Aliénor te fait un gros bisou et salue du même coup le chat accueillant.
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28 juillet 2010
Je suis persuadée que cette promenade de nuit sous un ciel dégagé doit en valoir encore plus la peine.
Ps: si tu continues à publier des textes comme ça, tu t’étonneras pas de me croiser prochainement par Cambridge.
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30 juillet 2010
Je pensais plutôt au morceau Local Hero de Dire Straits ou à quelques chansons de blues jazz noir américain à la B.B. King pour ce genre de situation. Mais c’est vrai que le classique convient certainement très bien aussi, j’aurai juste besoin d’un guide pour m’indiquer quels morceaux sont les plus appropriés ^^.
Si tu peux poursuivre tes études là-bas, comme je te le souhaite, je viendrai te rendre visite et on fera cette promenade de nuit en musique pour voir ce que ça donne.
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31 juillet 2010
Tu me montreras comment c’est par chez toi et moi je te montrerai comment c’est par chez moi, même si c’est pas comparable ^^.
Premier jour
21 juillet 2010
Le premier jour est incroyable, en ce sens qu’en quelques heures, il vous sort de votre quotidien et vous insère dans un autre qui très rapidement fait disparaître le premier. Vous arrivez un matin à l’école, faites un “test” de placement étrange, basé uniquement sur le vocabulaire et la grammaire, un petit tour, très sympathique par ailleurs, de la ville de Cambridge, recevez un papier où il est vaguement écrit “classe Proficiency” et dix minutes pour manger, et voilà : les cours commencent. Vous entrez dans la salle de classe, remarquez que le professeur est celui qui vous a fait tourner dans la ville le matin de manière passionnante, vous asseyez en tentant de deviner d’où peuvent bien venir les autres étudiants et après quelques instants de discussion découvrez que dans cette classe de douze élèves, quatre sont Suisses, cinq francophones…
Il existe de nombreux préjugés sur les cours de langue. Le premier est sans doute que dans un cours de langue le sujet principalement étudié est la langue en question. Lorsque les deux professeurs que l’on a sont des passionnés d’histoire cependant, les cours se transforment en passionnantes leçons d’histoire. Bien évidemment, chaque phrase est aussi un prétexte pour apprendre l’anglais, mais cela ne ressemble pas directement à un cours classique.
Après quatre heures consécutives de cours (dont un tiers dehors pour profiter du temps radieux), direction le restaurant pour le souper de bienvenue : au menu, cuisine italienne et connaissance des autres étudiants. Ainsi l’on découvre que dans la classe “Proficiency” (qui n’est pas la même que la première de l’après-midi sur laquelle règne une majorité helvétique), les autres étudiants sont une Française, une Roumaine et trois profs d’anglais grecques. Si vous vouliez être dans une classe au niveau très élevé, vous êtes servi !
Et voilà, le premier jour s’achève déjà !
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21 juillet 2010
Hello !
J’espère que tu t’amuse bien là-bas à Cambridge et que tu vas passer un super séjour. Surtout continue à écrire comme ca : c’est magnifique et très agréable à lire ! J’ai hâte de connaitre la suite de tes aventures !
Irréalité
20 juillet 2010

On se réveille un jour, au milieu du silence de la nuit. Eclairé seulement par la « sombre clarté qui tombe des étoiles », on s’en va pour la gare. Le train arrive dans un long grincement dont on ne saurait vraiment dire s’il révèle l’agacement d’avoir été sorti si tôt de son lit ou une folle envie de partir à l’aventure. Vide, comme il se doit, il traverse avec allégresse ou furie les plaines valaisannes, jusqu’à quitter le « pays » et faire la connaissance des festivaliers de Montreux qui le remplissent entièrement et réduisent à néant ses rêves de jouissance tranquille du jour qui se lève. Toutefois, courageux il continue son chemin, s’emplissant et se désemplissant au fil des gares. Soudain, c’est l’aéroport. On descend, prend les escalators, arrive on ne sait trop comment devant le guichet où l’on dépose une valise soigneusement pesée, s’assied à une table et attend. Dans deux heures l’avion décolle.
Les tableaux de départ et d’arrivée s’agitent dans tous les sens, affichant des informations pour des destinations qui laissent rêveurs. Le moment de partir approche. Après une brève fouille (bien évidemment le portique avait clignoté, on ne sait trop pourquoi), on arpente les longs couloirs jusqu’à arrivé à un autre lieu d’attente. Tout à coup, le paysage que l’on observe se colore en blanc et orange, quelqu’un annonce dans un anglais qui semble vouloir rivaliser de vitesse avec le jaguar l’ordre d’embarquement. Un autre message tout aussi incompréhensible est délivré en français. La moitié des passagers ayant déjà embarqué, on peut enfin entrer dans l’avion et (ô miracle !) trouver une place près d’une fenêtre, avec une belle vue que les ailes de l’appareil ne perturbent pas.
Suivent en vol les traditionnelles démonstrations de sécurité qui amusent les enfants, agacent les pendulaires, laissent les autres à peu près indifférents. A peine le temps d’essayer de deviner la géographie des lieux survolés que déjà l’on se retrouve à l’aéroport de Luton au nord de Londres. Ceux qui mènent la file des passagers semblent sûrs de là où il faut aller et l’on arrive effectivement, après quelques détours, à une douane où l’attente semble interminable. Finalement, l’on arrive à s’extirper de ce labyrinthe de fils bleus, à récupérer ses bagages et à trouver au milieu de la foule des panneaux celui qui porte son nom. Attention, en Angleterre on roule à gauche !
Finalement, après près d’une heure et demi de trajet, l’on se retrouve dans un lieu auquel StreetView a su familiariser le voyageur. Trop en avance, évidemment. Heureusement, le chat du voisin s’improvise en hôte de marque, court de toute part, charme l’étrangère qui entre dans son territoire, curieux de savoir si elle jouera avec lui ou le snobera. « RrrrrrRRRrr, j’ai bien fait, elle a l’air d’aimer jouer autant que moi, RrrrrRrRr, son accent est vraiment drôle, RrrrrrRRrrrrrrr, même si je la mords elle continue à jouer, RrrrrRrrrrr, intéressant à se rappeler… » Soudain, un bruit de porte de voiture qui se ferme, deux sourires qui apparaissent : mon hôte et une de ses amies. Au premier regard, on se sent arrivé à la maison.
Quelques minutes après une autre amie arrive et l’on s’en va pour visiter (déjà ?) quelques « Open Studio » de Cambridge, c’est-à-dire des artistes locaux qui exposent leurs œuvres chez eux et ouvrent leur maison au public. C’est ainsi que l’on a pu découvrir, par un photographe passionné, une nouvelle (ou très ancienne) technique de développement photographique basée sur une surface de platine. L’on rentre, la fatigue commençant à se faire sentir, l’anglais paraît assez obscur… Encore quelques instants à rester éveiller, afin de faire la connaissance de l’homme de la maison, de manger, de faire des essais infructueux avec la connexion internet, d’envoyer un bref e-mail de bien arrivée depuis chez un voisin, de déballer ses affaires. Et enfin, Morphée peut arriver.
Tout cela s’était passé dans un univers presque onirique, machinalement, comme si cela arrivait à quelqu’un d’autre. Quand donc le retour à la réalité ou plutôt la prise de conscience de celle-ci se fera-t-elle ? Cela demeure un mystère.
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21 juillet 2010
Merci pour ces premières impressions. Bon séjour et meilleurs voeux pour la suite.
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21 juillet 2010
lorsque je te lis, une pensée me vient qui te caractérise très bien : du haut de tes 18 ans ” la valeur n’attend pas le nombre des années!!” bonne continuation
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25 juillet 2010
Hey je compte sur toi pour saluer le chat du voisin de ma part. Ca me plairait d’être accueillie par un animal, c’est très souvent les meilleurs guides qui soient. Mais c’est vrai que Cambridge ça doit avoir un goût d’irréalité quand on vit en Valais.
Songe d’une nuit d’été
18 juillet 2010

Il est minuit. L’air vibre au son de l’ouverture d’un Songe d’une nuit d’été. Tout semble dirigé par l’évanescence de la musique qui annonce, dans l’ombre, l’avancée d’un nouveau jour, celui d’un départ vers l’inconnu. Doucement, il se profile, puis soudain, il accélère, devient un allegro, un presto, que sais-je ? Avec lui surgissent des foules de pensées et de sensations, paradoxales, contradictoires. L’attirance violente vers le lointain, le “Fernweh” des romantiques allemands, se fait encore plus pressante, douloureuse. Mais comme un écho semble lui répondre le sentiment contraire. Tout se bouscule, s’emballe, paraît s’unir pour enlever à cette brève nuit d’indispensables heures de sommeil. “Demain, dès l’aube…”. Ou plus exactement, dans quelques heures ! Pourquoi ? Pourquoi partir ? Pourquoi ne pas rester ? A cette heure, si près du départ, tout semble incongru. “Ici”, “là-bas”. Ces mots quelle valeur ont-ils ? Que signifient-ils au fond ? “Là-bas”, comme il sait bien attirer, le charmeur. Il nous dessine de belles perspectives, bâtit des châteaux en Espagne, pousse le rêve à son acmée, mais après tout, inéluctablement il demeure inatteignable. A peine pense-t-on l’atteindre qu’il est déjà devenu “ici”. Alors pourquoi cette vaine quête ? Pourquoi chercher un Graal que l’on sait intangible ? Les dernières mesures de l’ouverture de Mendelssohn amènent enfin un sommeil tant désiré. Plus que quatre heures avant le départ…
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18 juillet 2010
Bravo Hélène ! Très bel envol littéraire, très agréable à lire. Vivement la suite !!! Yakari
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19 juillet 2010
Bon séjour en attendant prochainement de tes nouvelles sur le blog.
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19 juillet 2010
Bravo Hélène pour cette magnifique introduction ! Belle envolée, lyrique et pleine de poésie, de charme et de douceur. Grandes questions, toujours reprises, quelque soient l’âge ou la situation.
Nous nous réjouissons de la suite…
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22 juillet 2010
Wouaouh quelle écriture ! Je vais y revenir…. et te souhaite un tout beau séjour.

Tu as beaucoup de chance et je vois que tu sais saisir les occasions qui se présentent à toi. Bonne suite.
De te lire, ça donne envie… Profite bien de tout cela!!! bisous
Super Hélène!!! Je vois que tu ne t’ennuies pas…!!!
Articles vraiment intéressants et bien écrits!!!
a quand la suite en anglais…??? (je plaisante bien sûr, comme toujours…!!!
Biz+++
Je ne suis pas un fan de lecture , mais j’aime te lire…
Le British Museum… Ca fait des années que je rêve de pouvoir le visiter. Mais pas juste y passer en coup de vent un après-midi, pouvoir au moins y rester une semaine, même plus, à m’y promener. Il doit y avoir tant de choses à découvrir. Je ne sais pas si tu as eu le temps d’y faire un tour mais si c’est le cas, celui-ci a du être bien trop court à ton goût.
J’y ai passé à peu près une journée et n’ai vu que quelques salles. C’est vrai qu’il faudrait des jours pour pouvoir tout visiter, chaque coin regorge de trésors, d’objets qui racontent tant d’histoires… Et dire que l’entrée est gratuite, c’est assez incroyable
Tres bon blog,agréable à lire je te souhaite une bonne continuation