Ce n’est qu’un au revoir…

14 août 2010

Vendredi 13 août. Déjà. Comme un automate je m’apprête à prendre le bus pour le centre-ville, pour la dernière journée de cours, la dernière. Je jette un coup d’oeil à mes affaires éparpillées dans la chambre : “Il faudra trouver un moment pour faire la valise”, me dis-je. La froideur de l’énonciation de ma pensée m’étonne moi-même. Arrivée à l’école, je m’enquiers de mon certificat auprès du secrétariat. Le formulaire d’appréciation rempli, le précieux papier m’est remis. Aucune émotion lorsque je parcours brièvement les résultats, juste peut-être un bref sourire à la lecture du commentaire de mon professeur et une once de fierté au vue des notes excellentes qui figurent sur le rapport. Quoique, peut-être est-ce d’avantage de l’incrédulité. Qu’importe. A la pause, je contrôle l’heure de mon transfert pour l’aéroport. Personne n’a vraiment l’air d’être au courant de la chose. Qu’importe. Une boule me saisit au ventre. “Je vais partir”, me dis-je. Cela relève plus de la mise en scène que d’un véritable sentiment. Pourtant.
Les cours s’achèvent, il me faut par politesse saluer le professeur qui depuis lundi a remplacé le précédent que j’appréciais tant et qui, par sa médiocrité, a su relever les qualités du premier. La politesse forcée se sent aussi chez le vis-à-vis. Plus longs, plus sincères probablement aussi, les adieux aux camardes de classe. Les reverrai-je seulement un jour ? Où cela ? Chez eux en Pologne, Russie, Suède, France, Allemagne, Autriche ou Vénézuela ? Chez moi ? Quand ? Puis le bus me ramène “chez moi”, juste le temps de manger quelque chose avant de repartir au centre-ville.
Après le souper coréen et la nuit des étoiles d’hier, ce soir ce sera la “Game night” chez Harry’s, le café international. Il pleut dru lorsque j’arrive devant la porte de la salle. Comme à son habitude l’équipe de jeunes chrétiens qui animent l’établissement m’accueille chaleureusement. Les “autres” ne sont pas encore là. Viendront-ils ? Est-ce si important ? Après tout, cela ne représente que quelques heures de plus à passer ensemble ; cela ne fait en somme que prolonger le départ. Quelques minutes plus tard, “ils” arrivent et les rires dissipent rapidement la morosité créée tant par la météo que par les circonstances. Les aiguilles tournent, vite, trop vite, beaucoup trop vite. C’est déjà l’heure du dernier bus, l’heure de se remémorer ce fameux air : “For auld lang syne, my dear…”. Et les yeux pleins de reconnaissance étoilée, je prends pour la dernière fois le “City 2″ à destination de “Chesterton”. Le chauffeur semble dans son salut tout comprendre.
Le lendemain matin, de bonne heure, il me faut préparer mes bagages et trouver, sans balance, le savant équilibre entre la valise et le bagage à main, tenant compte des nombreux livres acquis au cours de mon séjour. Le verdict de l’aéroport sera satisfaisant : 18.5 kg pour la valise. Le bagage à main détruit mon épaule, mais qu’importe. Je pars. Voilà tout ce qui importe. Je quitte cette ville devenue si familière, je quitte mes habitudes, mes amis. Pourquoi ne pas rester quelques instants de plus ? Pourquoi ne pas reporter mon retour ? Après tout je ne recommence mes cours que le 23 août… Mais non, il faut partir, se plier pour une fois aux circonstances, laisser Cambridge et ses colleges, son atmosphère si amicale, son temps changeant, plus radieux qu’espéré, ses parcs, sa langue. Quand donc la reverrai-je ? En décembre, si l’un des colleges consent à m’accorder une chance de venir étudier dans cette fameuse université. Autrement… Je pars. Et il me semble que les gouttes de pluie tracent ces vers sur les vitres de la voiture qui m’emmène malgré moi à Luton Airport :

Partir, c’est mourir un peu,
C’est mourir à ce qu’on aime :
On laisse un peu de soi-même
En toute heure et dans tout lieu.

C’est toujours le deuil d’un vœu,
Le dernier vers d’un poème ;
Partir, c’est mourir un peu,
C’est mourir à ce qu’on aime.

Et l’on part, et c’est un jeu,
Et jusqu’à l’adieu suprême
C’est son âme que l’on sème,
Que l’on sème à chaque adieu :
Partir, c’est mourir un peu…

Edmond Haraucourt, Rondel de l’Adieu

  • Alexis 15 août 2010

    La journée avant le départ a été un temps de lutte. Au soir, à partir du café Harry’s, le ciel s’est ouvert. Les sentiments se sont déliés pour aboutir à un départ de Cambridge mature.
    Merci, Hélène

  • Carmen 15 août 2010

    Merci, chère Hélène, de m’avoir fait voyager ainsi depuis un mois, avec tes yeux et surtout avec ton coeur. “Partir, c’est mourir un peu” c’est vrai, “on laisse un peu de soi-même”, c’est vrai aussi, mais pour retrouver d’autres réalités, peut-être encore plus belles. C’est ça, LA VIE ! Va, ma chère… :-)

  • laurence rodriguez 16 août 2010

    quelle belle conclusion, toute en poésie !! Ce séjour a été un temps fort sur beaucoup de plans et une belle expérience dans ta jeune vie !! Je te souhaite de pouvoir réaliser un de tes rêves : celui d’avoir la chance d’étudier dans cette université . Alors, bonne route pour la suite!! Bisous

  • Michael 16 août 2010

    Et voila un mois d’aventure qui s’achève. Ce fut en tout cas un réel plaisir de te suivre à travers ton blog.
    Je te souhaite une bonne continuation et une réussite dans tout ce que tu va entreprendre.

  • Lisa 11 septembre 2010

    Vraiment très émouvants le poème.
    Fernweh…

  • Hélène 12 septembre 2010

    Un grand merci à vous tous qui m’avez lue, soutenue et fait part de vos appréciations, tant par commentaires que mails ou de vive voix : c’est ce qui a donné tout son charme à cette aventure faites de paysages et de mots :-)

Chronique d’un voyage en Ecosse – troisième jour

12 août 2010

Dimanche 8 août, 7h

Une sonnerie stridente retentit dans la chambre : il est l’heure de se lever, de ranger les quelques affaires disséminées dans la pièce. Dans deux heures, l’on quittera Edimbourg, puis l’Ecosse. Mais avant cela, une étape importante nous attend : le petit-déjeuner et ses mets succulents. Cela change tant des ordinaires céréales du matin ramollies par l’humidité de Cambridge !
Après avoir laissé aux éternels retardataires le temps de savourer un repas quelque peu tardif, le bus enfin au complet prend le large. Sur les panneaux que nous suivons bientôt seule subsiste cette indication : “The South”. La route que nous empruntons diffère légèrement de celle de l’aller, en ce sens qu’au lieu de pénétrer dans la zone “montagneuse” du centre nord de la Grande-Bretagne, nous nous rapprochons de la côte. Sans aucun doute, le voyage perd là de son pittoresque.

Dimanche 8 août, 12h30

Peu à peu, le bus ralentit et ses occupants sortent de leurs rêvasseries. “Durham” annonce notre chauffeur. L’heure de la pause de midi a sonné. Deux heures et demi nous sont données pour découvrir la troisième plus ancienne ville universitaire d’Angleterre, célèbre pour sa magnifique cathédrale et son château. Touristes modèles, nos pas s’y dirigent.

“I paused upon the bridge, and admired and wondered at the beauty and glory of this scene…it was grand, venerable, and sweet, all at once; I never saw so lovely and magnificent a scene, nor, being content with this, do I care to see a better.”

(A propos de l’ensemble formé de la cathédrale de Durham et de son château, Nathaniel Hawthorne, The English Notebooks)

L’ensemble, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, exerce une forte impression sur quiconque s’en approche. Avec ses allures de forteresse, la cathédrale se rapproche du style de celle d’Ely. L’intérieur est plus grandiose encore, ce qui explique peut-être les multiples panneaux interdisant la prise de photographies. Là nous attend une étrange surprise : la rencontre d’un ancien camarade de classe, faisant une halte à Durham au cours d’un tour de l’Angleterre. On l’a dit, le dit et le dira encore : “Le monde est petit”.
Sur ce, nous profitons de l’heure qui nous reste pour une petite promenade qui nous emmène dans un bois fort charmant au bord de la rivière, avec une vue splendide sur la colline sur laquelle repose la cathédrale. Celle-ci apparaît alors dans toute sa majesté, véritablement grandiose. Mais déjà l’heure tourne et il nous faut retourner à notre transport, à l’autre extrémité de la cité. Au crépuscule, nous serons de retour à Cambridge, déjà.

  • Alexis 15 août 2010

    J’aime bien quand les touristes modèles qui vont vers la cathédrale de Durham deviennent créateurs en s’éloignant, pour voir cette même cathédrale depuis un bois charmant.

  • Carmen 15 août 2010

    C’est vraiment une grande chance de pouvoir visiter tant de merveilles naturelles ou architecturales. Tout cela fait partie de toi, maintenant et te suivra durant toute ta vie. C’est beau, un départ dans la vie…

Chronique d’un voyage en Ecosse – deuxième jour

10 août 2010

Samedi 7 août, 7h30

Un nouveau jour se lève, visiblement aussi couvert et instable qu’hier. Le rendez-vous pour le petit-déjeuner est dans quinze minutes, et toujours aucune trace du bon permettant d’y accéder, alors qu’hier il était si soigneusement déposé sur le bureau ! Visiblement, il faudra trouver un autre moyen.
Les couloirs se succèdent, on tourne à droite, puis à gauche, encore à droite, à gauche, à droite, on sort d’un bâtiment, entre dans un autre. Finalement, presque par hasard, nous arrivons dans la salle du petit-déjeuner. Bonne nouvelle : il s’agit d’un buffet, servant le traditionnel petit-déjeuner écossais (qui ressemble beaucoup au petit-déjeuner anglais, mais il ne faudrait surtout pas le mentionner, cela risquerait de froisser la fierté écossaise). Par chance, la personne responsable de collecter les bons semble de bonne humeur aujourd’hui. Je pourrai donc savourer à mon aise bacon, œufs et toasts.

Samedi 7 août, 9h30

Trente minutes après l’heure fixée du départ, le bus peut enfin nous conduire à Edimbourg pour rejoindre notre guide qui se révèle absolument passionnée et passionnante. Le tour nous emmène de la maison de Graham Bell à celle de Robert Louis Stevenson, longe la résidence de la Reine puis s’arrête au Palais de Marie Stuart. Cette première halte nous permet de nous plonger dans une tout autre époque, cristallisant les conflits entre Ecossais et Anglais.

Un instant plus tard, nous sortons de la ville pour grimper sur les crags, ces collines rocheuses qui entourent la ville et donnent l’impression d’être en plein cœur de l’Ecosse, bien loin de la civilisation. L’”escapade” achevée nous replongeons dans la ville et nous arrêtons au pied du château. Edimbourg vibre au son des cornemuses qui se sont rassemblées ce week-end. Quelle meilleure occasion pour découvrir le charme de cet instrument qu’un festival qui lui est consacré ? Chaque instrumentiste porte fièrement son uniforme, se prêtant gaiement au jeu des photographies avec les touristes asiatiques subjugués.

Samedi 7 août, 11h30

Après cet agréable aperçu de la ville en bus, l’organisation du reste de la journée est laissée au libre soin de chacun. Pour notre part, la première étape sera la visite du “Scottish National Museum”, un musée très intéressant consacré à l’Ecosse, avec des zones de jeux et d’activités pour enfants qui se délectent tout autant que les “grands” !

A la sortie de ce puits de science, le temps se révèle radieux et nous pousse à grimper sur une autre colline d’Edimbourg sur laquelle trône une copie inachevée du Parthénon d’Athènes. Rome et ses sept collines, Athènes et son Acropole, Edimbourg veut visiblement transmettre une image de ville culturelle… L’endroit est splendide, relaxant, si loin de l’agitation de la ville. Pour la première fois de la journée, nous n’entendons plus le son des cornemuses. Dans le lointain se profile la prochaine étape de notre après-midi : la mer !

Décidés à profiter d’un beau temps dont on ne sait jusqu’à quand il durera, nous montons dans le premier bus qui prend vaguement la direction de la mer. Les paysages défilent, zones commerciales, zones résidentielles, tout est bien rangé, bien classé. Soudain, la mer se révèle à nos yeux. Rapidement, sans vraiment savoir où nous sommes, nous appuyons sur le bouton “stop” et descendons. Quelques minutes de promenade plus tard, le sable remplace le goudron. La vue est imprenable : pourquoi faut-il que mon appareil photo m’ait abandonnée au sommet de l’”Acropole” ? Les touristes sont bien rares, les autochtones aussi, même si l’on en voit quelques-uns, se baignant dans l’eau glacée de la mer du Nord. Après avoir, comme il se doit, ramassé quelques coquillages et profité de marcher une heure dans le sable, nous retournons au centre ville, cette fois-ci pour explorer la “nouvelle ville”, suivant un circuit que l’un de nos professeurs nous a conseillé.
Il nous fait tout d’abord découvrir une particularité d’Edimbourg : les parcs privés. D’immenses étendues de verdures au cœur de la ville, dissimulées par de hautes haies et accessibles seulement par quelques élus qui ont suffisamment d’argent pour pouvoir s’offrir la clef d’accès à ces paradis. Puis, nous arrivons dans l’un des rares parcs qui soit public (semi-public serait plus exact, une partie étant inaccessible sans l’une de ces fameuses clefs) : nous nous trouvons en plein centre-ville, et pourtant l’on se croirait loin dans la campagne, tant le silence est profond et la nature vivante. Dernière étape du parcours, nos pas nous conduisent vers une sorte de “village”, un groupement de maisons centrées autour d’une cour et qui semble refléter les idées des architectes de villes idéales comme Ledoux ou Le Corbusier.

Samedi 7 août, 20h00

La nuit tombée, les conditions semblent parfaites pour les amateurs de photographie nocturne. Le seul inconvénient : rares sont les bâtiments éclairés (si l’on excepte les discothèques et autres établissements du même genre). Partis à la recherche de ces perles rares, nous nous retrouvons sur la colline sur laquelle trône le château. Nombreux y sont les touristes, avançant au pas, l’air un peu dans la lune. Nombreux aussi les policiers qui veillent sur ce troupeau dissipé et régulent la circulation. Si l’on a pu d’abord penser que ce déploiement de forces de l’ordre étaient lié au festival, le fait que l’un des agents nous interdise de prendre la rue principale pour regagner la “plaine” associé aux trois camions de pompiers parqués le long de cette même rue nous fait comprendre que l’enjeu est ailleurs. Après avoir erré encore quelques instants, nous prenons le dernier bus, savourons un chocolat chaud gracieusement mis à disposition dans les chambres du campus et rejoignons Morphée.

  • laurence 12 août 2010

    vivement la suite!!! ça donne envie de visiter l’Ecosse !!!!!

    bisous et bonne fin de séjour

  • Alexis 12 août 2010

    De la valeur spirituelle du silence au son des cornemuses au pied du château d’Edimbourg, je sens une chroniqueuse heureuse de partager ce qu’elle vit pour elle-même et avec ses amis.

  • Elsa 12 août 2010

    Ah l’Ecosse… Ca me rappelle un film génial, Braveheart avec Mel Gibson. De plus la cornemuse est un instrument épatant. Et dire que ton voyage va déjà bientôt se terminer. Entre l’Ecosse et l’Angleterre il doit rester encore tellement de choses à découvrir. Je te souhaite de bien profiter de tes derniers jours et au plaisir de te revoir en Valais pour que tu me racontes tout ça plus en détails ^^.
    Sinon ton blog a été très bien tenu tout au long de ton séjour. Je suis impressionnée, trouver le temps de publier des textes de cette envergure tout en profitant de tes journées, franchement chapeau ^^.

  • Alexis 14 août 2010

    Merci pour cet après-midi à Edimbourg et à la mer. Il y a du souffle et de la joie.
    Dans l’attente de t’accueillir cet après-midi à Genève :-)

Chronique d’un voyage en Ecosse – premier jour

8 août 2010

Vendredi 6 août, 5h

Le jour point à peine et pourtant il me faut déjà partir : aujourd’hui, direction Edimbourg ! Après une heure de marche, le lieu de rendez-vous apparaît enfin et peu à peu les autres étudiants puis le bus arrivent. Les derniers retardataires installés sonnent l’heure du départ.
Les paysages défilent, plats, couverts de champs de blé, pendant des kilomètres. Cependant, plus au nord, tout change. S’il n’y avait les feuillus, l’on aurait pu se croire alors dans un alpage, quelque part dans les alpes : végétation rase, névés bêlant disséminés à perte de vue. L’Ecosse n’est plus bien loin. Soudain, dans le lointain, l’on croit percevoir une mélodie connue. Au fur et à mesure que l’on avance sur la route, elle devient plus perceptible. Le bus s’arrête au pied d’un drapeau écossais. Une cornemuse joue fièrement.
Encore des kilomètres et de la pluie pour quelques heures. Au loin, l’on aperçoit Edimbourg et son château.

Vendredi 6 août, 18h

Le bus ralentit, ses occupants s’extirpent lentement des bras de Morphée. Devant nous se dresse notre logement : le campus universitaire d’Heriot-Watt à l’orée d’Edimbourg. Chacun reçoit une clef ouvrant sa chambre, une pièce très agréable, cachée dans l’un des recoins de ce qui se révèle être un véritable labyrinthe. A peine le temps de s’y repérer et de déposer ses bagages que déjà l’on repart. Il faut à tout prix profiter de chaque instant que l’on peut passer au centre-ville.

Après un interminable bouchon, l’on s’arrête en bordure d’un square. A gauche, la “vieille ville”, à droite la “nouvelle”, très dix-neuvième siècle. Sur l’une des sept collines trône le célèbre château d’Edimbourg. L’air s’emplit de la vibrante atmosphère des festivals qui animent la ville en ce week-end.
A chaque coin de rue, une nouvelle animation : fanfare norvégienne, artiste de rue jonglant tant avec les mots qu’avec les figures acrobatiques, … Il y en a pour tous les goûts. Les rues sont pleines d’étrangers, venant parfois de l’autre bout du monde pour assister aux manifestations réglant la vie édimbourgeoise. Partout des policiers règlent ce flux de personnes qui se déplacent suivant des mouvements bien grégaires.
Après avoir quitté le square, chacun part selon ses envies. Pour notre part, la première destination sera la vieille ville, ou plus exactement la “ville haute”. Cependant, ce soir, impossible d’accéder à l’esplanade du château sur laquelle repose d’immenses gradins dignes d’un stade de football. Alors nous errons, choisissant les rues au gré de nos envies. Un peu de marche est ce qu’il faut pour se remettre d’un long voyage… Quelques heures plus tard, nous prenons un bus pour rejoindre notre camp de base et profiter d’un sommeil bien nécessaire.

  • Carmen 9 août 2010

    J’ai vu un tel paysage samedi passé : pins à ras le sol, tapis de bruyères en fleurs. Ne manquait que la cornemuse… C’était au-dessus de Chandolin, à 2500m d’altitude…
    Je me réjouis de la suite,
    bizzzzzz…………

  • Priscilia 10 août 2010

    Coucou Hélène

    Félicitations pour tes textes qui sont passionnants à lire ! Le lecteur est plongé avec toi dans cette expérience en Angleterre. Bravo aussi pour la variété des sujets ! Bonne fin de séjour, je me réjouis de te lire encore :-)

  • Isabelle 12 août 2010

    Salut Hélène,

    Quelle richesse dans tes textes! Vraiment captivant ton voyage… j’ai presque envie d’y aller. Je te souhaite une bonne fin de séjour et bon retour en Valais.
    Bisous, Isa

Silence

6 août 2010

“Les âmes se pèsent dans le silence, comme l’or et l’argent se pèsent dans l’eau pure, et les paroles que nous prononçons n’ont de sens que grâce au silence où elles baignent.”
Maurice Maeterlinck,
Le Trésor des humbles

L’agitation urbaine disparaît lentement dans le lointain. A mesure, que l’on avance il semble que l’on se détache de tout pour rejoindre l’obscurité et le calme. Les parcs des colleges, plongeant dans la Cam, sont déserts. Au-dessus des nuages les étoiles brillent.
Tout semble inviter au silence le plus parfait et par-là à une forme d’élévation de l’âme, curieuse de s’envoler dans les airs, de percer les nuages et d’atteindre le firmament, terrain de jeu si vaste pour elle.
Le silence se savoure comme un dessert, avec délices. Il est plus fragile que de la porcelaine et pourtant le briser à aussi de la valeur. Les paroles qui naissent dans un silence auquel l’on a su donner une densité prennent une tout autre envergure, auréolées d’une sorte de lumière magique étincelant dans la nuit.
En pareilles heures, la grammaire anglaise paraît si simple, le vocabulaire si naturel, les échanges deviennent plus que des simples exercices. Le séjour linguistique reçoit une densité qu’il n’avait pas auparavant.

  • Carmen 11 août 2010

    J’aime cette description du silence : c’est magique et ce sont des instants qui deviennent rares et qu’il faut savoir goûter.

Invasion

4 août 2010

80′000. Voilà le nombre approximatifs d’étudiants qu’accueille les 110′000 habitants de Cambridge chaque été. 80′000 personnes, attirées par la réputation de cette ville universitaire, par son charme, par sa langue. 80′000 personnes d’horizons les plus divers, de tous âges, de toutes cultures, de tous milieux. Sillonnant les rues de la ville, combien de fois entend-on l’anglais d’un anglophone ? Rarement. La plupart des passants ont les yeux bridés et parlent des langues aux étranges consonances. Les autres s’expriment dans la langue de Schiler, Dante ou Molière, donnant à ce qui pourrait être une petite bourgade de campagne un air de capitale internationale.
Il suffit de quelques pas et l’on change de pays, de continent. Cela semble en charmer plus d’un, exception faite des autochtones qui se plaignent avec délices de “l’invasion” estudiantine. Le cosmopolitisme a une influence certaine sur les “occupants”, poussant, à la discussion, aux plaisanteries, créant un climat d’amitié, favorisant les échanges interculturels. Il semble que dans nulle autre occasion l’on puisse mieux comprendre à quel point le sentiment d’appartenance à un peuple précis peut s’harmoniser parfaitement avec celui d’être “citoyen du monde”, pour reprendre une expression chère à Goethe. A quel point il est possible d’unir des personnes que tout en apparence oppose.
Cette atmosphère donne la possibilité à qui veut bien la saisir de changer de masquer, d’entrer dans un nouveau rôle, peut-être plus proche de sa personnalité profonde. A travers l’autre c’est soi-même que l’on découvre, un soi-même libre, affranchi des contraintes sociales et culturelles. γνῶθι σεαυτόν, disaient les Grecs. Ce conseil si important à tant d’égards est sans doute plus facile à suivre loin de chez soi et de ses habitudes, loin de son agenda trop chargé, pleinement plongé dans le Carpe Diem d’Epicure. Une impression de liberté et d’authenticité peut alors jaillir.

  • Alexis 5 août 2010

    “Communique et tu es toi-même !”
    Les barrières tombent, les coeurs s’ouvrent. Au milieu de cette marée d’étudiants, tu trouves ton chemin, tu apprends l’anglais. Cela dynamise !

  • Gerard Rodriguez 5 août 2010

    Bravo hélène , je ne suis pas pendu a tes lèvres mes au bout de ta plume.

La Tour de Cambridge

2 août 2010

Sur la rive droite de la rivière Cam, jaillissant au coeur des arbres, se dresse une tour mystérieuse cerclée de hauts grillages. Son allure imposante, quelque peu menaçante, la relie selon certains à la fameuse et terrifiante Tour de Londres. Chaque fenêtre a son lot de barreaux. La tour centrale, si haute, semble dépourvue de toute ouverture. Quels criminels peut-on bien enfermer dans un tel bâtiment ?

L’entrée principale, massive, conduit à une “réception” placée sous haute surveillance. Pour découvrir les secrets de l’endroit, il faudra d’abord passer par quelques formalités administratives. Un long questionnaire rempli, l’on attend devant une porte sur laquelle brillent les lettres “A.D.M.I.S.S.I.O.N.S”. Chacun semble tendu, tenant fermement une pile de papiers prouvant ceci, prouvant cela.
Puis la porte s’ouvre : l’heure est à l’assurance et à la conviction. Le bureau qui se dévoile ainsi reluit de sobriété, couvert d’une montagne de dossiers. Le fonctionnaire sert quelques plaisanteries d’un humour tout britannique auxquelles, évidemment, il est de bon ton de répondre, avec le tact nécessaire. On présente quelques papiers officiels, s’assied devant un appareil photographique, attend. Une carte sort d’un étrange appareil : Cambridge University Library, Reader. C’est tout ? Point d’autres papiers ou justificatifs à fournir ? Après quelques autres réflexions sur le temps et les problèmes de sécheresse qui frappent la région, la porte se referme, nous laissant avec une clef donnant accès à plus de sept millions de livres et un bon pour une boisson gratuite au Tea Room de la bibliothèque.
Ainsi armés, l’on s’approche des divers tourniquets et avec assurance pénètre dans ce lieu sacré. Il ne reste plus qu’à trouver les livres recherchés parmi cette masse de volumes de toutes sortes. Heureusement, internet, une fois encore, se révèle un adjuvant très efficace. Nord Front, Floor 6. Un peu d’exercice en perspective…

  • Carmen 3 août 2010

    Là, l’ancienne libraire que je suis ne peux s’empêcher d’écrire un commentaire…
    7 millions de livres ! Cela laisse rêveur et ouvre d’incroyables perspectives. En tous cas, bon travail de recherche pour ton TM

  • Alain 4 août 2010

    Super style.
    Facile à lire et passionnant.
    Je reviendrai te lire.
    Bon séjour.

  • Alexis 5 août 2010

    L’univers du livre ne se conquiert pas spontanément, un peu comme le savoir qui est dans notre cerveau. Mais à qui le veut bien les portes s’ouvrent. Merci à la guide.

  • Mirela 5 août 2010

    Ca donne envie cette bibliothèque! Amuse-toi bien et continue ton blog, il est super! A tout bientôt!

  • Hélène 5 août 2010

    Merci :-)

  • Hugues 9 août 2010

    Quelle élégance de style empreinte d’un suspense qui nous tient en haleine.

    As-tu fait quelque incursion dans un salon de thé anglais, une véritable caverne d’Ali Baba pour ma gourmande personne: autant à regarder qu’à déguster.

    Une récente visite de Londres me laisse un merveilleux souvenir du salon de thé de la National Gallery, de ses splendides collections aussi d’ailleurs.

    Profite bien de ton séjour.
    Amitiés.

    Hugues

  • Elsa 12 août 2010

    Alala… Autant de livres au même endroit… J’espère juste qu’ils ne sont pas tous en anglais. Mais même si c’était le cas, ça me plairait de visiter un endroit pareil.

  • Lisa 11 septembre 2010

    Je ne sais pas si je me sentirais à mon aise dans un tel endroit! Selon ta description, je m’imagine des hauteurs interminables de livres, soit nous, petits êtres de moins de 2 mètres, face à un étendu infinie d’opportunités. Frustrant…

    :)

Le bateau des Fens

1 août 2010

“Le bateau des Fens”, voilà comment les autochtones la nomme, elle qui paraît jaillir de nulle part aux milieux des plaines des “Fens”, majestueuse, grandiose, semblable à un château-fort d’un autre temps. On s’approche, elle grandit encore, s’enfonçant toujours plus dans une atmosphère paisible, invitant au Carpe Diem. Soudain une porte s’ouvre, on passe sous un porche, puis un autre. La nef surgit alors, somptueuse, sublime. Encore quelques pas et l’on se retrouve au coeur de la cathédrale d’Ely, un magnifique exemple de l’architecture anglaise du Haut Moyen Age à quelques kilomètres de Cambridge.

Silencieusement, les touristes déambulent dans les diverses chapelles et allées, observant, photographiant, commentant chaque détail. Puis, sans que nul ne s’y attende, l’atmosphère change complètement sous les doigts de l’organiste. Un accord, un autre, encore un autre. L’on s’arrête, le lieu semble retrouver quelque chose de sa vocation originelle, quitter le statut de zoo touristique pour redevenir un haut lieu de prière. Après que l’orgue lui eut préparé un doux environnement, la chorale entre en scène. L’acoustique extraordinaire du lieu transporte les sons jusqu’au plus au point de la nef, les entraînes dans la tour occidentale puis dans la tour octogonale qui de loin ressemble tant à un donjon.
Les chants s’enchaînent, célèbres pour la plupart, interrompus parfois par quelques remarques du directeur ou de l’organiste. Une fois la nouvelle atmosphère bien établie dans la cathédrale, ce dernier peut enfin se délecter pleinement : les notes glissent sous ses doigts, légères, rapides, comme l’eau d’un torrent de montagne. Une voix de baryton s’y mêle et pour quelques mesures joue seule avec l’instrument. Enfin le choeur entre dans la danse : ce qui est communément appelé l’Ave Maria de Schubert envahit tout l’espace, arrête le temps, enveloppe les visiteurs, sublime la cathédrale. Au dehors le soleil s’est extirpé de son duvet de nuages.

  • Carmen 2 août 2010

    Je vois que tu n’es pas trop dépaysée.. Ce week-end le piano a joué quelques airs, c’était sympa de le réentendre après quelques semaines de silence. Vue du ciel, Ely a l’air d’une toute petite ville à la campagne. J’aimerais beaucoup visiter de tels lieux…
    Bisous

  • Alexis 3 août 2010

    Merci pour ce parcours initiatique de l’Ave Maria de Schubert qui a animé la cathédrale-château-fort d’Ely, qui est venu habiter tous les recoins de l’édifice jusqu’à faire place au soleil au-dehors !

  • Hugues 9 août 2010

    Chère Hélène,

    Du bonheur à lire ton évocation de cette visite en musique.

    Elle me rappelle une visite de la cathédrale de Salisbury faite lors d’une répétition d’un fameux Boys Choir, au cours de laquelle j’ai eu le coup de foudre pour la musique anglicane du XVIIe siècle entre autre. Je te prêterai quelques CD à ton retour.
    Si tu le peux, ne manque pas d’assister à un service religieux avec les fameux chanteurs du Kings College Choir.

    Profite bien de ton séjour.

    Amitiés.

    Hugues

“Cours” d’anglais

29 juillet 2010

Un séjour linguistique repose sur un élément qualifié de fondamental : les cours. A ce mot, on s’imagine une classe un peu sombre, une atmosphère suffocante, un professeur rigide ; l’ennui bouillonne déjà dans nos veines accompagné du lent “tic-tac” d’une horloge virtuelle. Si ce stéréotype peut parfois correspondre à une réalité, cela n’est nullement le cas ici.
Imaginez… 9h00. La sonnerie aurait retenti s’il y en avait une : les cours commencent. Dans un ordre tout à fait remarquable, les six élèves du cours “Proficiency II” s’asseyent … dans la bibliothèque (enfin, si tant est que l’on puisse appeler ainsi un lieu qui ne contient que quelques livres), pièce qui a l’avantage d’être plus adaptée au faible nombre de participants et surtout de posséder une télévision, fait déterminant pour un professeur amateur de la série “Babylon 5″. Jusqu’à la pause de 10h30, le cours a l’air assez scolaire, du moment que l’on ne prête pas trop attention aux livres de cours immaculés, quoique reçus gracieusement une semaine auparavant, ni à ce que font la moitié des élèves : dessiner des sortes de maisons sous la dictée de l’autre moitié. Cette activité terminée (d’autres tout aussi intéressantes peuvent évidemment s’y substituer), le professeur indique au tableau quelques erreurs qu’il a entendu dans la “dictée” et le corrige avec une bonne dose d’humour.
10h30. La pause commence : un quart d’heure pour se sustenter chez “Sainsbury’s” et revenir à l’école. 10h45. La deuxième leçon commence, cette fois-ci dans un tout autre cadre. Cours de justice, jardins des “colleges” de l’université, bibliothèque de l’université, musées, tout est envisageable par ce temps radieux qui désespère les agriculteurs. Sous la conduite experte d’un ancien de l’université, les étudiants revigorés découvrent les richesses de Cambridge, tout en apprenant, par-ci, par-là, de nouvelles expressions.

Arrive 12h15 et l’heure du retour en ville. Quelques minutes de pause pour le dîner et déjà 12h45, le début du module “intensif”, dans une autre classe (cette fois-ci sans livres et sans tables), avec un autre professeur. Cependant, le cours “Get Talking 3″, ou plutôt “Get Listening 3″ au vu du temps de parole du principal intervenant, repose sur le même élément que les cours “normaux” : les excursions. Musées, magasins, à un intervalle plus espacé, avec une connotation un peu moins universitaire, il rejoint sans trop de peine la philosophie des cours du matin : découvrir l’anglais de manière dynamique et culturelle. Voilà sans aucun doute une manière d’enseigner qui plairait aux amateurs du Cercle des Poètes disparus et des nouvelles “techniques” pédagogiques.

  • Alexis 30 juillet 2010

    J’imagine un arrière-fond de jardin d’où s’élèvent les beautés de la langue de Shakespeare…

  • Carmen 30 juillet 2010

    De passage à la maison, Rex et Bruno, Rina et Marisol te transmettent toutes leurs pensées et leurs meilleurs voeux.

    C’est une excellente idée que ce concours : tous les deux jours un article, toujours très bien écrit, toujours passionnant. Et les cours d’anglais ont vraiment l’air intéressants, “dans la vie”. BISOUS

  • Elsa 31 juillet 2010

    Je suis persuadée que cette méthode est très efficace et surtout qu’elle me conviendrait mieux que celle qu’on nous forçait à suivre au collège et qui ne me plaisait pas vraiment. Et je ne parle pas seulement des cours de langues qui sont cependant très insuffisant, après 5 ans d’études on ne ressort de loin pas billingue sauf efforts personnels pour compenser. Par contre immergé dans un univers anglophone comme dans ton cas, on apprend réellement la langue et pas uniquement à savoir accorder les déterminants dans une phrase ou la liste des prépositions demandant le datif ou l’accusatif sans comprendre un mot lorsqu’on nous parle.

  • Lisa 11 septembre 2010

    Je n’aurai pensé que tes cours se passeraient ainsi! Quelle chance de pouvoir apprendre une langue dans de telles conditions! Et si tes professeurs enseignent de la même manière que M. Keating dans “Le Cercle des Poètes disparus”, j’ai tout à t’envier ;)

To be or not to be ?

27 juillet 2010

“To be, or not to be: that is the question:
Whether ’tis nobler in the mind to suffer
The slings and arrows of outrageous fortune,
Or to take arms against a sea of troubles,
And by opposing end them?”

Un ciel lourd de menaces, un jardin verdoyant, une scène de pierres ocres. Tout se tait, s’arrête, attend le lever d’un rideau qui n’existe pas dans un théâtre de plein air. Soudain, le décor change : l’on se retrouve dans un Danemark qui ne sait trop s’il faut pleurer son roi défunt ou célébrer dans la joie le mariage de l’ancienne reine et du nouveau roi, occasionnellement frère du précédent. Le prince Hamlet, fils du trépassé et par là principal cible de ces sentiments contraires, bondit sur la scène, plein de fougue et de grandes idées, et entraîne à sa suite les spectateurs suspendus à un anglais pur et brillant. Sur ces traces l’on rencontre le fantôme de son père, découvre avec horreur le fratricide, assiste impuissant à ce terrible dilemme : “Etre ou ne pas être ?”. Faut-il tuer un homme que les allégations d’un revenants seules déclarent criminel ? Faut-il mieux éviter le combat et fuir l’existence ? Comment pourrait-on vivre auprès d’un homme qui a peut-être tué son propre frère ? Auprès d’une mère qui a peut-être épousé le meurtrier de son mari ? Indécision fatale à beaucoup.
L’action s’accélère, une pièce de théâtre mise en abîme dans celle de Shakespeare semble indéniablement prouver la culpabilité du nouveau roi. Rien ne semble pouvoir faire obstacle à l’implacable destin qui s’abat sur les personnages, même la pluie. Les morts s’enchaînent les unes après les autres, pas celles qu’il aurait fallu, pas de la manière dont on l’aurait voulu. Puis soudain, faute de combattant, l’hécatombe s’achève. Seul reste un témoin pour retransmettre aux générations futures le tragique exemple d’une lutte entre idéaux de pouvoir, de justice, d’amour, de fidélité, d’obéissance. La disparition de celui-ci derrière une haie qui sert de coulisse marque la fin d’un voyage spatio-temporel de près de trois heures. La fin d’une brève immersion dans un des monuments de la littérature anglaise.

  • Virginie 28 juillet 2010

    Je crois que, grâce à cet article, “Hamlet” vient de passer en tête de ma liste de livres à lire et de pièce de théâtre à voir ^^

  • Hélène 30 juillet 2010

    A la médiathèque, ils ont la majorité des pièces de Shakespeare en DVD (version originale), ça peut déjà donner une bonne idée de la pièce…

  • Lisa 11 septembre 2010

    Je n’ai malheureusement pas le temps de m’étaler mais c’est très joliment écrit! Et bravo pour l’idée de faire un parallèle entre une pièce de théâtre anglaise avec ton voyage!