Archive pour août 2010

Auf Wiedersehen, Até Sempre!

28 août 2010

Voilà, c’est fini. Mes deux séjours linguistiques ont été formidables. Je rentre chez moi grandi et la tête pleine de souvenirs. Les rencontres faites tout au long de cet été furent incroyablement fortes. Aujourd’hui, je réalise à quel point nous avons de la chance de pouvoir voyager facilement et découvrir de belles âmes partout dans le monde. Même si ce n’était pas tous les jours facile, après une telle aventure, on ne retient que le positif et on avance avec une énergie hors du commun. Je m’adresse maintenant au lecteur intéressé : si tu as un jour le temps et l’envie de partir, il ne faut surtout pas hésiter. Il faut se laisser ronger par le doute et affronter ses démons. Une fois sur place, on se sent perdu et complètement bouleversé. Transpercé par un chagrin hors norme, notre seule envie est de rentrer. Puis, très peu de temps après, on réalise que nous sommes ailleurs et on commence à admirer toutes les richesses qui nous entourent. Parce que c’est ça l’aventure : prendre un risque. La vie est une mise à l’épreuve et c’est fou ce que l’on peut se sentir fier d’avoir osé la faire.

Lisbonne est belle, magique et somptueuse. Berlin est fort, impressionnant et imposant. Deux villes complètement différentes et pourtant si magnifiques. Quel que soit notre dessein, il faudrait toujours avoir une petite pensée pour ces deux capitales. Si l’envie de s’évader nous prend, c’est à Lisbonne qu’il faut penser. Par contre, si l’envie de se secouer l’âme nous prend, c’est à Berlin qu’il faut se rendre. Bref ! Je n’ai plus assez de mots pour exprimer à quel point j’ai bien vécu cette expérience. Je suis vraiment heureux et ce n’est pas tous les jours que l’on se sent ainsi. Je remercie chaleureusement ESL et Tink.ch de m’avoir permis de partager mon expérience ici. Merci d’avoir cru en moi.

Voilà, c’est fini. On s’en va vers une autre vie. Mais cette vie sera toujours riche de ce qui s’est passé. Je vais, de mon côté, continuer à écrire jusqu’à l’épuisement. Un jour, peut-être, pourra-t-on trouver mon oeuvre en librairie. D’ici-là, je continue mon chemin avec mes projets théâtraux dans le Lavaux et la Riviera, mes créations littéraires et mes études en faculté de lettres à Lausanne. Vous pourrez me retrouver sur mon blog personnel, L’écrivain voyageur, et me suivre sur mon Twitter. Une fois encore, merci pour tout et à tout bientôt. Voilà, c’est fini.

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Denkmal für die ermordeten Juden Europas

28 août 2010

Il existe à Berlin un endroit très spécial, non loin de la Brandenburger Tor et de Potsdamer Platz . Aujourd’hui, on y trouve le mémorial aux juifs assassinés d’Europe, autrement dit le mémorial de l’Holocauste. Le concept est simple : les stèles représentent l’horreur de la Shoah. En se promenant à l’intérieur, plus on avance et plus on se sent désorienté, voire mal à l’aise. On se perd, on sent l’immensité nous dévorer et on essaye plus que tout de comprendre ce qui s’est réellement passé lors de la Seconde Guerre mondiale. Beaucoup de personnes pensent que nous avons trop parlé du massacre des juifs, mais je crois que nous n’en parlerons jamais assez. Nous vivons dans un siècle dangereux, où la haine et le mépris d’une confession, d’une nation ou de l’humain ne sont pas très loin.
Il existe une distraction inévitable, surtout si vous visitez le mémorial avec un proche, que vous vous devez de faire : jouer au fameux jeu du chat et de la souris. On commence par se perdre volontairement, puis on essaye de se retrouver. Cela n’a jamais été aussi bon de retomber en enfance. L’insouciance, qu’il est bon qu’elle nous traverse parfois ! Saviez-vous que là où se trouve le mémorial se situait le tristement célèbre bunker d’Adolf Hitler ? C’est bien là que l’ignoble dictateur se serait donné la mort, souhaitant à la population de périr si la guerre était perdue. Peu de gens se rappellent de cela, mais Berlin fut bombardé en 1945, à cause de la folie d’un seul homme. Et, en face du Tiergarten, tout se décida. Berlin allait vivre les années les plus dures de son existence.

Après la guerre, les juifs ont vu leur nombre diminuer en masse. La communauté  juive allait tout de même rester importante à Berlin, même s’il ne reste aujourd’hui plus que 100′000 juifs en Allemagne. Certainement blessés par ce qui est arrivé, l’idée de retourner sur les traces du passé leur fut difficile à assumer. Toutefois, même si le pardon pourrait sembler trop facile ainsi, les allemands ont tenu à installer à Berlin un pavé d’or devant chaque maison où un juif déporté aurait vécu. Un bel hommage. Une manière admirable de reconnaître les erreurs du passé et d’avancer sans mauvaise conscience. Quoi qu’il en soit, l’Allemagne n’est pas celle d’hier, mais celle de demain où la tolérance est la plus belle richesse, en particulier à Berlin.

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Alexanderplatz und der Berliner Fernsehturm

27 août 2010

L’Alexanderplatz n’a rien de particulier ; les bâtiments qui l’entourent sont laids et l’influence de l’ancienne RDA n’aide pas. Cela dit, c’est ce côté pittoresque qui fait de cette place un endroit particulier. Nombreux sont les jours où les artistes des rues se réunissent autour de la célèbre fontaine, afin d’épater et de régaler nos yeux affamés. Chaque jour est un spectacle. On peut boire un verre en contemplant la foule, voir des rats s’introduire dans le mouvement, manger une glace et se battre avec des guêpes mortes de faim ou tout simplement monter au sommet de la grandiose et magnifique Fernsehturm. Quoi qu’il en soit, il y aura toujours quelque chose à faire à l’Alexanderplatz. Et si vous vous sentez un peu perdus, n’hésitez pas à aller consulter la belle horloge du monde.

La Fernsehturm de Berlin, symbole de l’ancienne Allemagne de l’est, est terriblement impressionnante. Ne nous attardons pas sur l’esthétique, car cette tour est tout simplement majestueuse. Elle peut tout être à la fois : un point de rencontre, un point de repère, tout comme un piège à touriste. J’habite loin de l’Alexanderplatz, mais depuis Julius-Leber-Brücke, là où je passe chaque matin pour aller à l’école, j’aperçois la magnifique tour et je me sens planer. Comme dans un rêve. Vivre près de monuments célèbres, cela n’arrive pas qu’aux autres. Un jour, sur des photos, à la télévision ou au cinéma, si la Fernehturm se présente, je pourrais dire : Dieu, qu’elle est belle, je l’ai touchée de mes propres doigts !

  • Franziska 27 août 2010

    Ah oui, une tour impressionante. On se sent tout petit à côté et j’espère qu’un jour j’aurais l’occasion de monter au sommet.
    Le Alexanderplatz, je n’oublierais pas. Les rats, les guêpes, c’est un petit Tiergarten… J’ai beaucoup aimé voir les artistes un soir, c’était une belle soirée. C’est une place très demandée dans la télévision allemande, on voit souvent cette belle tour et cette grande place.

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Tiergarten

27 août 2010

Cette nuit, je fais de l’insomnie. La fin du séjour approche et je traîne avec moi d’immenses récits de voyage. Ce soir, je me sens l’âme rêveuse et je repense à cet instant, unique en son genre, où je flânais tranquillement dans le Tiergarten. Cet immense parc est l’équivalent européen du Central Park de New York. A Berlin, détail que nombreuses personnes ignorent, la verdure est reine au printemps et en été. Il n’y a pas que l’Ecosse et l’Irlande qui ont le droit à ce privilège. Bref ! Je pense à ce jour on ne peut plus chaud, où la ville m’étouffait et où la populace devenait insupportable ; ce jour-là, je pus m’évader l’espace d’une heure, loin de la bêtise humaine (et surtout des nombreux touristes).
Point de carte, point de direction à adopter. Tel était mon dessein. Se laisser guider par le chemin qui s’offre à moi. Aller à la rencontre de Dame Nature au coeur de la Hauptstadt. Ma vie devenait une utopie, une farce, une fantaisie. Ma tête me laissa vide de toutes les banalités de l’existence. Une drogue forte, le meilleur paradis artificiel à visiter. Le Tiergarten n’est pas seulement un parc, c’est aussi le moyen le plus efficace de s’oublier et de prendre le temps de vivre.

  • Franziska 27 août 2010

    Un endroit qui me reste à découvrir. Cela fait rêver d’avoir un endroit comme ça calme au milieu d’une ville si mouvementée. L’endroit idéal pour s’évader, on a tous besoin de ça.
    Ah oui l’Ecosse, magnifique mais ce n’est pas ici qu’il faut en parler, parce que des choses y en a à dire mais là c’est la place de la merveilleuse ville Berlin et elle a tant à nous montrer.
    Geniesse deinen letzten Tag in Berlin und komm mit vielen schönen Errinerungen nach Hause.
    Je t’aime.

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Brandenburger Tor

23 août 2010

De nos jours, les grandes villes ont tendance à s’identifier à leurs monuments. Paris ne sera jamais sans sa belle Tour Eiffel et New York ne vous saluera jamais sans Marianne. Qu’en est-il de Berlin ? Eh bien ici, vous avez la Brandenburger Tor, somptueuse et magnifique ! Dès que vous la traversez, vous vous sentez tout petit. Cette porte est si imposante qu’elle donne une image parfaite à la capitale allemande : grande, spacieuse, mystérieuse et belle.
Bien avant d’être le symbole on ne peut plus touristique d’aujourd’hui, la porte de Brandebourg se situait à l’entrée de Berlin-Ouest. Nombreux furent ceux qui la contemplèrent, l’espoir au coeur, depuis l’est berlinois. Le peuple avait raison d’espérer, car depuis novembre 1989, le célèbre monument est reconnu comme symbole de l’unité retrouvée. Napoléon aura beau eu traverser cette porte comme un conquérant arrogant, jamais la mémoire collective ne s’en souviendra. Tout le monde se rappellera et commémorera la nuit du 9 novembre 1989, là où la révolution de la paix eut lieu.
Brandenburger Tor, la magnifique. Si vous passez à Berlin, laissez vous surprendre par ce que l’être humain est capable de réaliser. Offrez-vous une balade nocturne à Unter den Linden, sous les tilleuls, et contemplez le sublime !

  • Franziska 24 août 2010

    Un monument, qui de nuit, est tout simplement sublime. Un grand édifice pour une grande ville. Comme tu le dis, que serait Berlin sans sa porte si imposante. On se sent vraiment petit quand on est dessous. Un quartier magnifique, cela vaut le détour.
    Malgré la pluie, ce fut un très beau moment. <3

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Eine kleine Nachricht

21 août 2010

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Ich wünsche euch alles Gute !

  • lo 25 août 2010

    voilà un commentaire :-)

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Berliner Mauer

17 août 2010

S’il y a quelque chose qui fait bel et bien partie de Berlin, c’est le mur de la honte. De 1961 à 1989, il a séparé un pays en deux, brisé des familles, imposé la haine entre des êtres on ne peut plus semblables et définitivement planté un couteau dans le coeur allemand. Aujourd’hui, il est le symbole de la capitale. Il n’est pas là à titre décoratif, mais à titre préventif. Primo Levi disait que ce qui est arrivé peut à nouveau recommencer. Il ne faut jamais cesser de parler des terribles événements de la Seconde Guerre et de ce qui s’en suivit. A Berlin, nous sommes directement touchés par l’Histoire. Celle-ci est poignante et révélatrice du caractère distancé des allemands, une espèce de protection contre le monde. Un mur entre les hommes et point de pont à l’horizon.

En avril dernier, lorsque je découvris pour la première fois le mur de Berlin, je fus envahi par une émotion terriblement étrangère. Mon hypersensibilité me joua certainement un tour, car je ne pus empêcher les larmes de caresser mon visage. Lorsque l’on arrive devant la East Side Gallery, où l’on reste bouche bée devant des oeuvres d’art plus magnifiques les unes que les autres, ou encore à quelques pas du Check Point Charlie, où le mur est resté intact, on essaye de s’imaginer ce que pouvait être  la vie des autres du mauvais côté du mur. Et on pense que communisme et censure étaient les nouveaux dictateurs de l’est. C’est en tout cas ce que j’ai pensé pendant longtemps, jusqu’à ce que je voie le film Sonnenallee. Celui-ci raconte l’histoire des jeunes habitants de la RDA (République démocratique allemande) des années septante, qui étaient envahi d’espoir et de fougue, malgré les amertumes du siècle. Tout n’était pas si triste. Il y avait l’envie de vivre et l’attente de ce jour merveilleux où la liberté cesserait d’être emprisonnée, ce qui arriva le soir du 9 novembre 1989. En ce mois d’août, où je revois ce mur qui a bouleversé toute une ville, je me dis que le peuple allemand a certes beaucoup souffert, mais qu’il garde aujourd’hui en lui une volonté honorable de vivre en paix.

L’année où je suis né, le mur de la honte est tombé. Des hommes et des femmes ont enfin pu embrasser la liberté. Le soir du 9 novembre 1989, contrairement à celui de 1938 (la nuit de cristal), il n’y eut point de violence et de sang. Un jour symbolique et pacifiste à se remémorer encore et toujours. Les guerres ne sont pas faites pour durer ; l’injustice finit toujours par sombrer dans les bas-fonds de l’abysse. Et si un jour mon coeur se met à saigner, afin de me consoler, je penserais aux allemands qui se sont battus pour la Vie.

  • Franziska 27 août 2010

    Je ne sais pas s’il y a grand chose à ajouter. Un mur qui en le voyant nous raconte une histoire qui a marqué le peuple allemand pour les prochains siècles. Une grosse douleur, une longue histoire et un combat pour la vie. C’est bouleversant de se retrouver à côté d’un bout de ce mur et c’est très dur à s’imaginer comment c’était il y a 21 ans, il faut l’avoir vécu pour savoir.

  • Dan 9 septembre 2010

    J’ai appris un jour (de source sûre j’espère!), que chaque année était détruit un bout du mur. Cela me révolte! Je n’ai rien connu de la guerre, du communisme, etc…. Alors comment, si déjà les souvenirs s’effacent, les générations futures se rappelleront de ce qui s’est passé, pour que comme tu le dis, cela ne se reproduise plus jamais. Tu as été ému. D’autres le seront sûrement. Il ne faut surtout pas oublié ces souvenirs, certes mauvais, mais constructifs! (Comme tous les mauvais souvenirs, d’ailleurs.)
    Tout à fait d’accord avec toi sur ce point

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Vielleicht

14 août 2010

La vie est une perpétuelle remise en question. Quel que soit l’endroit où elle mène, nous prenons chaque jour des risques. La peur, cette garce infatigable, se rit de nous voir pleurer aux bras du doute. Ce dernier est impitoyable ; il tient à ronger notre frein. Le voyage est source d’espoir et de guérison ; il est censé nous apporter des réponses concrètes à notre existence et, malheureusement, nous ne les trouvons pas toujours. Et qu’en est-il de ces jours où rester enfermé chez soi est la meilleure des solutions ? On pense, on imagine, on fuit, on désespère et on vit. Berlin est une ville magnifique… Peut-être.

Aujourd’hui, tout va mal dans le pire des mondes. Je suis triste. Quel sentiment accablant, la tristesse ! Le ciel est gris ; le soleil me fait la tête, il ne veut pas m’encourager en cette journée d’été. Ma motivation est au plus bas, je n’ai plus rien à faire ici. Peut-être. Berlin était beau en avril, lorsque le froid lui donnait un charme absolu. Pourquoi ne me paraît-il plus aussi sublime qu’autrefois ? Est-ce parce que je n’arrive pas à me rendre compte que je suis bel et bien là-bas ? Peut-être. Quoi qu’il en soit, je rêve d’un Berlin aux mille et une merveilles. Je sais que cela est possible. Mon amour va arriver dans quelques jours, apportant avec elle la promesse d’un avenir meilleur. D’ici-là, il faut que je m’accroche. Le chagrin laissera place au bonheur.

En revenant de Kreuzberg, hier soir aux environs de deux heures du matin, je suis tombé né à né avec une moto très particulière. L’espace de dix minutes, et Dieu sait comme c’est long dix minutes, je me suis mis à rêver. L’allemand ne se résume pas à Berlin. L’Allemagne a tant à offrir. Peut-être ai-je fait une erreur en m’inscrivant dans la capitale futuriste. Celle-ci n’est d’ailleurs pas représentative de son pays. Et puis, sans vouloir porter une atteinte quelconque aux francophones, il y a trop de gens qui parlent le français à Berlin. Comment progresser ? De plus, et ceci est un argument bien personnel, les adolescents sont bien trop nombreux à l’école. J’aime rencontrer des gens plus âgés, qui peuvent partager leur expérience de vie. Mes amis ont en général vingt-cinq ans ou plus, ce qui ne m’empêche pas d’avoir des amis de seize ans, soit (l’exception qui confirme la règle). S’il était possible pour moi de le faire, je prendrais cette moto et partirais à Göttingen. Parce que Barbara en parlait si bien dans sa chanson. Je ne connais rien de l’Allemagne, je croyais la connaître.

Mais je ne veux pas faire souffrir Berlin, parce que je l’aime. Oui, cette ville est si fragile et si forte à la fois. Qu’il ravale sa langue de vipère celui qui oserait me dire que je ne suis pas bien dans la capitale allemande ! Au contraire, j’aime cet endroit pour tout ce qui s’y est passé. Admirer la Brandenburger Tor et laisser l’émotion nous traverser est une activité qui n’a pas son égale. Aujourd’hui, je voulais simplement dire que j’étais peut-être en train de me tromper de chemin de vie. L’allemand n’est pas fait pour tout le monde, il vaut la peine qu’on se batte pour lui. Je ne sais pas si j’en aurais la force, mais pour sûr que je vais essayer ! Ma tristesse cherche une raison pour durer. Je peine encore et toujours à croire en moi. Pourquoi est-ce si difficile ? Illusions perdues… Peut-être. Rêves à solidifier… Peut-être bien.

  • Franziska 14 août 2010

    Les rêves, un phénomène très étrange après tout. On en a plein la tête, on rêve de rêver notre vie, on s’imagine le meilleur des mondes et on essaie de rendre cette illusion réelle. Une fois que le rêve est une réalité, il n’a plus le même goût. On doit le prendre comme il est, sans pouvoir l’imaginer. Parfois amer, éphémère mais parfois il nous donne ce petit bout de vie, de bonheur qui nous fait avancer. Berlin t’en a rêvé, tu l’as vu et maintenant tu le vit. Je comprends tes doutes, tout a été tellement vite et tu n’as pas le temps de suivre, la vie t’échappe en quelques sortes. Moi je crois fort au fait que l’allemand n’a pas été un mauvais choix, tu as défendu ta décision avec beaucoup de conviction il y a peu de temps et je sais que c’est toujours ainsi au fond de toi. Tu vois Berlin d’une autre façon et ce n’est pas facile; mais comme tu le dis, l’allemand ne se résume pas à Berlin. La ville où tu vis trois semaines, des cours que tu suis mais une langue que tu apprends pour l’avenir.
    En somme ce n’est pas ce que tu fais à Berlin qui importe, c’est ce que tu garderas en souvenir, ce que ça t’as appris. Je sais que tu vivras des instants, courts ou longs, qui te donneront le sourire, qui t’inspireront. Puise-là où toi tu trouves ta richesse, les rencontres. Tu es une personne forte et tu va en ressortir encore plus grandi.
    Ces deux semaines vont passer très vite et bientôt tu seras de retour pour d’autres aventures. J’ai hâte que tu me fasses découvrir cette ville et on passera de beaux moments ensemble. La promesse d’un avenir meilleur, on le sait les deux que cela arrivera.
    Je t’embrasse et t’envoie mes plus belles pensées, jointes avec beaucoup de soleil. Je t’aime.

  • Camille-Angelo 20 août 2010

    As-tu remarqué que littéralement “peut-être” en allemand peut se traduire par “beaucoup plus facilement”.

    L’éventualité et la part d’imprévisible qui lui est liée rend nos choix moins définitifs, nos situations moins fixées qu’il n’y paraît a priori.

    À bientôt, vielleicht, en tout cas c’était un plaisir de faire ta connaissance dans cette magnifique ville.

    Camille-Angelo

  • Dan 9 septembre 2010

    Cela fait longtemps que je ne suis pas revenu sur ton blog Filipe. Je découvre là, en retard, ton aventure berlinoise. Ah… malgré tout, tu es sacrément courageux. Te lancer comme ça dans une aventure de presque (Ou plus?) deux mois! Je me réjouis de te voir (encore plus!) grandi par tout ça. Tu as l’air d’avoir aimé cette ville. C’est génial; Bravo à toi et ton courage!
    Et je suis heureux de faire partie de tes amis de 16 ans. :)

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Ich bin ein Berliner !

10 août 2010

Un voyage extraordinaire s’est à peine terminé, qu’un autre m’emporte déjà loin de chez moi. Ayant à peine le temps de réaliser que mon aventure au Portugal est belle et bien terminée, je m’aperçois que je suis dans l’avion en direction de Berlin. Et pourquoi d’ailleurs ? Ai-je réellement besoin d’aller en Allemagne ? Quelle créature divine m’a donné le goût de la langue allemande ? Des doutes. Plein de doutes à l’horizon. Je me sens si contrarié. Peut-être aurais-je dû prendre plus de temps pour réaliser ce que je vis. Qu’importe ! Aujourd’hui, j’assume mes choix et je n’ai rien d’autre à faire qu’à me laisser porter par cet infernal train quotidien qui me fait vivre mille et unes aventures. Ce retour à Berlin s’annonce prometteur.

Berlin. Ville qui n’est pas, ville qui est, ville qui sera. Aux environs de 17h30, mon avion atterrit à Schönefeld. Je suis seul et nostalgique. En sortant de l’aéroport, je repère des coins plutôt familiers. En avril dernier, j’ai rendu visite à ma meilleure amie, établie alors dans la capitale, qui a réussi son Goethe Zertifikat. Seulement voilà, cette fois-ci elle n’est pas là pour m’accueillir. Je dois me débrouiller par moi-même. Etourdi par la fatigue, je décide de prendre un taxi jusqu’au 20, Cheruskerstrasse à Schöneberg. Je suis dans un autre monde. J’oublie tout particulièrement que je ne suis plus à Lisbonne et que la coût de la vie en Allemagne est plus ou moins semblable à celui de la Suisse. Pour une distance relativement courte, je me retrouve avec un total de trente euros au compteur. Soit ! Cela m’apprendra à réfléchir davantage… Le taxi s’arrête. Je suis devant chez moi.

Je sonne. On m’attend. Cinq minutes plus tard, le temps de monter quatre étages à pied avec mes valises, je rencontre Susanne, propriétaire de l’appartement dans lequel je vais vivre et surtout ma première colocataire. Elle me montre son foyer, ma chambre, puis les autres pièces de la maison. Ensuite, nous discutons pendant une heure. De tout et de rien. Mon blues se dissipe. Je suis aux anges. Je me sens chez moi. A vingt et un ans, je vis ma première indépendance en appartement. C’est agréable et déroutant à la fois. Mesure-t-on vraiment le poids du mot liberté ? Je n’ai pas encore assez vécu pour y répondre, mais je crois qu’il est bien plus élevé que ce que l’on croit. Freiheit, voilà un mot que vous entendrez très rapidement ici. Je suis terriblement ému de voir à quel point le peuple allemand a su se relever à chaque épreuve infligée par les horreurs du passé. Et c’est ça Berlin : une force gigantesque et une volonté d’avancer, sans cacher ses fragilités.

J’aime l’allemand. Je le sais. Toutefois, je doute de mes capacités. C’est pourquoi j’ai trouvé un refuge chez Prolog, l’école que je vais fréquenter durant trois semaines. Sont au programme des cours intensifs on ne peut mieux préparés. L’après-midi, j’ai la chance de participer à une classe de groupe (au maximum cinq personnes) et le thème abordé est l’histoire de Berlin. Rien de mieux que pour se mettre dans le bain. Je suis plutôt content de ce que j’ai vu, même si la grandeur de l’école est terrifiante au premier abord. Il y a toutefois une chose qui m’attriste un peu : ce sont les gens qui sont ici par pure obligation ou tout simplement pour festoyer vingt quatre heures sur vingt quatre. C’est triste. Si triste que leur séjour perd tout son sens. Et puis il y a les francophones. Et j’en fais malheureusement partie ! C’est terrible, nous sommes partout. Je ne veux plus parler français avec qui que ce soit ici, mais cela risque d’être extrêmement difficile. Je me sens comme un arroseur arrosé, moi qui est tant blâmé les anglophones. Après tout, je suis celui qui a les cartes en main pour la suite de mon voyage. S’accrocher est le maître verbe. J’aime le français plus que tout au monde, mais l’allemand est mon plus bel amant.

John Fitzgerald Kennedy a dit un jour que le courage était un flamboyant mélange de triomphe et de tragédie. Partir seul à l’aventure, en séjour linguistique ou sac au dos, est une grande preuve de bravoure. Jamais je n’ai affronté mes démons de la sorte. Je suis néanmoins rempli de faiblesses, car je n’ai pas encore la maturité suffisante pour tout affronter. Cela dit, je trouve que ceci est une force qui s’imprègne en nous et qui ne nous quittera jamais. Défier ses limites est une activité extraordinaire. Je conseille au lecteur qui n’a jamais osé vivre une expérience pareille de mettre un pied dans le vide et de garder l’autre sur terre. Qu’il se lance celui qui se demande s’il est capable ou non de voir au-delà de son quotidien ! Je ne sais pas de quoi demain est fait. Je sais seulement que je trouve du bonheur partout où je vais. Je dois simplement le chercher, puisqu’il n’est pas facilement repérable. Mais, en général, je finis par le trouver. Et même si cette aventure s’avère être plus amère que celle vécue à Lisbonne, je suis malgré tout très heureux de pouvoir dire comme le charismatique Kennedy : Ich bin ein Berliner !


  • Franziska 10 août 2010

    Quelle belle réflexion! C’est magnifique la façon dont tu décris ton ressentit. Berlin doit vraiment regorger d’une beauté unique et magnifique. Ce n’est pas un mal d’avoir ses doutes, tu te poses des questions et cela t’aide à te trouver et à savoir de quoi ta vie sera faite. Je crois en toi et en tes capacités et je sais que tu es capable de surmonter les obstacles sur ton chemin, t’en a déjà fait preuve plus d’une fois dans le passé. Ces derniers mois tu as tant vécu et tu nous fait rêver avec tes récits. Des instants en mémoire pour toute une vie. Ich liebe dich über alles!

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Amo-te Portugal

2 août 2010

Il est temps. Demain, je serais à nouveau en Suisse. Je laisse ici treize articles retraçant mon passage à Lisbonne. Il ne me reste plus que de beaux souvenirs à mettre dans ma valise. Qu’il fut doux et bon le temps passé au Portugal ! Comment oublier une expérience aussi enrichissante ? Croyez-moi, je donnerais vraiment n’importe quoi pour tout revivre à nouveau, vraiment n’importe quoi.

Lisbonne. Jamais je n’ai été aussi heureux de me perdre dans une ville. Je me rappelle d’avoir pris plusieurs fois des bus au hasard pour voir jusqu’où ils pouvaient me mener. C’est ainsi que j’ai découvert la ville aux sept collines. J’y ai vu le célèbre tramway 28, j’ai bordé le Tage et je suis rentré dans une carte postale vivante en arrivant à Belém. Du Cais do Sodré, j’ai pris le ferry qui me menait jusqu’au Christ Roi, tout en contemplant le majestueux pont du 25 avril. Plus d’une fois je me suis trompé en prenant le métro ; c’est ainsi que j’ai arpenté les plus belles rues d’Europe. J’ai croisé du monde. Il y eut des rencontres de passage qui dureront dans mon cœur. Ah ! Lisbonne, que j’aime ton âme mélancolique et ensoleillée !

Revoir ma famille n’a pas été la meilleure façon de prolonger mon séjour linguistique. Il reste, dans ma ville, une mentalité extrêmement fermée et tout leur semble être une tragédie. En tant qu’homme voyageur et libre, rester près d’eux est une terrible entrave. Cela dit, avec mon amour, j’ai profité de ma maison pour me reposer, tout comme des belles plages d’Espinho et d’Esmoriz. A Porto, j’ai fréquenté de nombreux centres commerciaux, afin de faire le shopping que je ne voulais pas me permettre à Lisbonne. Je suis allé au cinéma et j’ai pensé aux visiteurs comblés de savoir qu’au Portugal tous les films sont en version originale. Bref ! Je suis resté et je n’ai rien regretté.

J’aime le Portugal, je l’aime de tout mon cœur. J’y retournerais toujours, car je sais maintenant qu’il existe un endroit où je pourrais retrouver des beaux jours. Il existe ici une magie qui nous transporte autre part. Ailleurs c’est mieux.

  • Franziska 3 août 2010

    Te voilà en Suisse. Une grande aventure derrière toi, des instants a jamais gravés dans ton esprit. Merci d’avoir partagé avec moi un peu de ton expérience et aussi de m’avoir tant montré cette culture, ces endroits qui font partie de ta vie et de ton enfance. Le Portugal est un magnifique pays et je n’oublierai pas tous ces instants. Merci mon amour pour tout. Eu amo-te!

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