
Sempre chegamos ao sítio aonde nos esperam.
O LIVRO DOS ITINERARIOS
Le jour où je suis arrivé à Lisbonne, on enterrait José Saramago. Ce dernier obtint le prix Nobel de la littérature en 1998, étant ainsi le seul et unique portugais dans cette catégorie. Grand écrivain du XXe et du début du XXIe siècle, ce personnage n’a cessé de faire parler de lui. Nihiliste affirmé, il fit toute sa vie durant une grande critique sociale et politique de son pays. Rejeté par une certaine majorité, c’est aux îles canaries (Espagne) qu’il se réfugia, afin de trouver la paix et l’harmonie jusqu’à la fin de ses jours. En ce moment, tout comme Jacques Chessex en Suisse lors de sa mort, tout le monde parle de l’homme le plus polémique du Portugal.
Se podes olhar vê.
Se podes ver, repara.
O LIVRO DOS CONSELHOS
José Saramago a quitté ce monde en laissant derrière lui une vie chargée et une œuvre monumentale. N’ayant vu que l’adaptation de son livre, Ensaio sobre a cegueira (L’aveuglement / Blindness) au cinéma, je n’avais pas une grande idée de son parcours. Influencé par les premières personnes que je rencontrai à Lisbonne, je me disais que ce personnage était vil et cruel. A mes yeux, il n’en valait pas la peine. Certains libraires jugeaient son style terriblement douteux, en accusant sa syntaxe hors du commun. Un professeur me dit aussi qu’il ne comprenait pas pourquoi l’on avait affiché partout dans la capitale des pancartes avec Obrigado Saramago. Il estime qu’il ne doit pas être reconnaissant envers un homme arrogant, qui a fait renvoyer plusieurs journalistes du Diário de Notícias tout simplement parce qu’il n’aimait pas ce qu’ils faisaient, etc. J’étais envahi de préjugés.
D’un autre côté, Isabel, une professeure du Cial – Centro de Línguas, me demanda de réfléchir un petit peu sur la vie de cet homme mystérieux. Elle l’aime beaucoup certes, mais elle me suggéra de réfléchir avant d’émettre un jugement hâtif. C’est ainsi que je compris que Saramago était effectivement arrogant, mais sous cette arrogance se cachait une grande timidité. C’était un homme extrêmement sensible, qui a certainement souffert de son athéisme dans un pays on ne peut plus religieux. Il eut une enfance peu ordinaire et vécut longtemps dans la pauvreté. Cela ne fait pas de lui un homme à plaindre, mais un homme à reconnaître en tant que grand artiste pour son génie. Américo, l’un de mes amis artistes, estime que Saramago est l’un des plus grands écrivains de notre temps. Malgré cela, il y a des livres de l’auteur qui lui ont laissé un goût amer, ce qui démontre l’humanité de l’écrivain : grandes qualités et certaines faiblesses. Sans offenser la culture portugaise et en ayant un regard objectif et critique, l’œuvre de José Saramago fait désormais partie du panthéon de la littérature universelle, qu’elle critique ou non les mœurs d’un pays tout entier.
Beaucoup de personnes ne se rendent pas compte à quel point la langue portugaise est une richesse. Elle donne accès à la lecture d’œuvres monumentales, souvent mal traduites. Je me rends compte aujourd’hui que j’ai la chance de pouvoir lire un Saramago en version originale. Je ne dis pas que les traductions sont mauvaises, mais vous comprendrez que c’est comme au cinéma : la version française est bien, mais l’originale est mille fois meilleure. Si je devais vous conseiller cinq livres du Nobel 98, ce serait As pequenas memórias, Levantado do chão, Ensaio sobre a cegueira, A viagem do elefante et O ano da morte de Ricardo Reis. Ce dernier rend un hommage à Fernando Pessoa et à l’un de ses principaux hétéronymes. A mon sens, José Saramago était un peu comme Pessoa, mais dans une version nihiliste. Il vouait un amour inconditionnel à sa patrie, c’est pour cela qu’il la critiqua à maintes reprises, manifestant ainsi sa tristesse. Quant aux autres livres, vous retrouverez des récits de son enfance, la description la plus parfaite de la région du Alentejo, une critique de l’humanité ou encore un récit de voyage on ne peut plus original. Croyez-moi, je n’ai lu aucun de ces livres et ce sont ceux que la majorité me conseille. Ils m’ont attiré comme un aimant. Je remercie le Ciel (ou ce que vous croyez juste de remercier) de pouvoir bien maîtriser le portugais, afin de comprendre davantage cette magnifique culture lusophone.
Deixa-te levar pela criança que foste.
O LIVRO DOS CONSELHOS
Au-delà des grands récits intellectuels, qui nous laissent souvent des sujets à réfléchir, il existe aussi des histoires simples. José Saramago en a rédigé deux : O Conto da Ilha Desconhecida et A Maior Flor do Mundo. Cette dernière nous ramène en enfance et nous demande de bien vouloir penser à l’enfant que nous avons été et que nous sommes probablement toujours. Ci-dessous, vous trouverez ce conte animé produit par la télévision espagnole, afin de faire connaître ce conte merveilleux. Le narrateur, qui n’est autre que José Saramago lui-même (vous le reconnaîtrez dans le court-métrage), dit qu’il faut savoir utiliser des mots simples pour séduire. Quand nous racontons des histoires, quelles qu’elles soient, il ne faut jamais oublier la simplicité, cette qualité qui bouleverse le cœur humain. Chacun verra dans cette histoire un détail qui le touchera. Pour ma part, ce fut cette fleur si proche de l’Homme qui me bouleversa. Parce que finalement, n’importe qui peut être la plus grande fleur du monde pour quelqu’un.
Source :
SARAMAGO José, Portrait, http://blog.josesaramago.org (blog officiel de José Saramago).
ETCHEVERRY Juan Pablo, A Maior Flor do Mundo, http://www.youtube.com/watch?v=MNavjsXc12c (court-métrage réalisé en Espagne en l’honneur du célèbre conte de Saramago).
Ah oui, une tour impressionante. On se sent tout petit à côté et j’espère qu’un jour j’aurais l’occasion de monter au sommet.
Le Alexanderplatz, je n’oublierais pas. Les rats, les guêpes, c’est un petit Tiergarten… J’ai beaucoup aimé voir les artistes un soir, c’était une belle soirée. C’est une place très demandée dans la télévision allemande, on voit souvent cette belle tour et cette grande place.